Eglise Ste Madeleine

Eglise de Noyant la Plaine

Lorsqu’on arrive à NOYANT LA PLAINE venant d’ANGERS. ce qui attire tout d’abord le regard, c’est l’église fièrement campée sur son coteau avec son fin clocher et ses larges assises.
On se rend compte tout de suite, qu’elle n’est pas jeune et pour cause ! Elle ne comportait à l’origine qu’une nef rectangulaire construite au 12ème siècle. Le chœur carré possédait une fenêtre ogivale* à lancette à nervures cylindriques. C’est ainsi que, l’a vu Célestin Port en 1878 lorsqu’il écrivit son fameux " Dictionnaire Historique de Marne et Loire ". Par la suite, sans doute à la fin du 14ème ou au début du 15ème siècle, fut ajouté le transept. Sur le contrefort de gauche de ce transept on pouvait encore voir en 1878 un écusson effacé. il semble qu’il ait disparu depuis, à moins qu’il ne soit encore dissimulé par un enduit.

Célestin Port dans son Dictionnaire a parfaitement décrit le porche d’entrée : "Le portail à multiples voussures concentriques d’ogives est surmonté d’une petite niche avec naïve statue de Ste Madeleine et flanqué de deux gros pilier sur lesquels forme porche un clocher carré, avec baie ogivale sur chaque face que l’escalier longe extérieurement à ciel ouvert".

Il paraît, en effet, que ce sanctuaire a toujours été dédiée à Ste Madeleine, la pécheresse repentante. Est-ce parce que les habitants de NOYANT avaient davantage besoin de repentir que bien d’autres ?

En 1878, Célestin Port ne signale qu’une cloche dans le clocher portant la date de 1628. il devait pourtant déjà y avoir une autre cloche, plus ancienne, puisqu’elle date de 1465 ! Ces deux cloches s’y trouvent toujours. Elles ont été classées par le "Service des Monuments Historiques ", de même que la rampe de communion du chœur qui est du 18ème siècle.

A l’intérieur de l’église, les voûtes qu’on peut voir en ce moment ont été érigées au cours des années 1886-1887, notamment par un sieur SALIN, plâtrier à Brissac pour 1.532.35 Fr., (somme importante pour l’époque), ouvrage financée par la commune, la générosité des paroissiens et par l’abbé MEUNIER, alors curé de la paroisse.

L’abbé MEUNIER avait également fait un legs en 1890 au Conseil de Fabrique de la paroisse pour la construction de fonts baptismaux : "au midi de l’église vis à vis de la petite porte ". C’est le petit bâtiment qui est situé à l’extérieur du côté droit de la nef en regardant vers le chœur. Le "bassin d’anciens fonds en granit" signalé dans le cimetière par Célestin Port se trouve maintenant dans l’église, dans la chapelle de la Vierge.

Le chemin de croix date de 1892. Il a été offert par un paroissien (Mr LEROUX). A noter également à l’intérieur de l’église, la pittoresque statue de Ste Madeleine représentée vêtue en courtisane orientale tenant un vase dans ses mains.

Sous l’Ancien Régime, NOYANT n’était pas une paroisse, mais dépendait de BRIGNE. L’église était qualifiée de succursale ou "fillette" de BRIGNE. Il n’y avait donc pas de curé à demeure, ni de presbytère, mais des desservants. C’est à la suite de la nouvelle organisation administrative de la France, après la Révolution de 1789 et du Concordat de 1801, qui calqua les paroisses sur les communes, que fut créée la commune et donc la paroisse de NOYANT LA PLAINE. Mais il n’y eut pas pour autant de presbytère. Celui-ci fut donné à la paroisse par un habitant de NOYANT en 1844. Il fut confisqué comme bien d’église et donné à la commune en 1905, lors de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Dans les années 1930, un événement tout à fait inattendu pour NOYANT se produisit. Monseigneur RUMEAU, évêque d’ANGERS, y vint donner la confirmation aux enfants de la région. Habituellement les enfants de NOYANT, dans ce cas, se rendaient au Doyenné pour avoir ce sacrement. Il s’agissait de recevoir dignement Monseigneur ! Toutes les familles qui le voulaient bien, furent mobilisées pour fabriquer des fleurs en papier qui furent fixées à des banderoles blanches avec filets bleus, qui garnissaient l’intérieur de l’église en y formant une sorte de tente. La municipalité avait tenu à participer à l’événement. A cette occasion, elle fit agrandir le petit escalier situé dans l’axe de l’édifice le long du cimetière, comme il est actuellement. On remplaça, à mon avis malheureusement, le carrelage de l’église par une chape de ciment. Un échantillon de ce carrelage se trouve encore derrière l’autel dans le chœur. Mais à cette époque, on était moins scrupuleux qu’aujourd’hui dans l’entretien des monuments anciens. Bref, Monseigneur fut reçu en grande pompe par l’abbé CHAILLOU, alors curé de la paroisse. Ce fut le dernier curé résident. Un soir d’automne, il fut fauché par une automobile alors qu’il se rendait comme de coutume à pied à AMBILLOU. A cette époque, la route était plantée d’arbres qui, la nuit, la rendait obscure.

Mais bientôt notre vieille église va retrouver une nouvelle jeunesse puisqu’il est question de lui offrir un ravalement. Elle en a grand besoin ! Elle continuera donc à dominer notre petite commune, symbole de foi pour les croyants, patrimoine architectural et culturel pour les non-croyants !

* Dans l’architecture gothique, arc en tiers-point surhaussé en forme de fer de lance surmontant en particulier les divisions verticales d’une baie. (Encyclopédie Larousse)